LA PROGRESSION

La longue piste

Ce texte est un extrait du Vademecum de la route que vous pouvez (devez) vous procurer chez Carrick.

“Lorsqu’il y a dix pas pour aller quelque part, neuf ne sont que la moitié du chemin.”
Barbey d’Aurevilly

Qu’est-ce que c’est ?

Une épreuve et une étape

C’est une épreuve individuelle qui est l’aboutissement de la progression personnelle du routier depuis son admission pilote et la remise de la barrette EP, “être prêt”, et qui précède l’engagement pilote caractérisé par la remise de la barrette RP, “répondre présent”. C’est aussi une épreuve parce que quitter ses amis, sa famille, son confort, pour partir trois jours, seul, et vivre la rusticité de la route, représente un effort.

C’est une étape de progression entre le raid du raider ou celui de Ière classe de l’éclaireur scout et l’engagement final du pilote arrivé à maturité, concrétisé par le départ routier.

Elle est fondamentalement un temps de passage au désert destiné à une relecture de sa vie et de tous les dons reçus (famille, scoutisme, amis…) et un approfondissement des raisons du choix de son futur engagement de service comme routier pilote.

Un face à face avec Dieu

C’est une retraite solitaire itinérante, procédé idéal pour aller à la rencontre du Dieu Trinitaire.

Tout d’abord, avant le départ, en confiant le déroulement de sa longue piste au Seigneur en s’agenouillant et en priant devant le Saint Sacrement. Vouloir compter uniquement sur ses propres forces, c’est être présomptueux et vaniteux, c’est-à-dire tout l’opposé du routier pétri d’humilité et conscient de ses faiblesses.

Ensuite, en offrant les efforts à faire pour arriver à faire le dernier pas et toutes les souffrances physiques et morales qui vont jalonner ce chemin à parcourir.

Si cela ressemble de loin à un raid pédestre, il faut que cela relève de près surtout à un pèlerinage à la suite du Christ.

Un face à face avec soi-même

C’est une démarche proposée au pilote mais non imposée et que le pilote accepte librement.

Elle s’appuie sur sa formation scoute et sur les cinq buts du scoutisme. Elle est longue pour lui permettre d’éprouver sa volonté face aux difficultés rencontrées et ainsi de mieux connaître ses capacités, sans faux semblant, en vérité et en toute simplicité.

C’est le temps de l’ultime réflexion pour se décider à ôter définitivement (s’il en reste) les masques dont on s’affuble encore. C’est le moment de choisir d’être réellement soi-même dans le scoutisme mais surtout dans la vie de tous les jours, en assumant ses points forts et ses points faibles, et d’avancer résolument vers une unité de vie.

Quand la parcourir ?

Quand le pilote est prêt.

Il n’y a pas de règle absolue et chacun progresse à son rythme. En règle générale, il semble qu’entre neuf et dix-huit mois après l’admission pilote soit la bonne mesure. Souvent les raiders ont un temps d’avance dans leur progression qui a démarré plus tôt.

Après ce délai moyen, il risque d’y avoir un décalage avec la continuité de la progression. Si après deux années, un pilote n’a pas réuni les conditions nécessaires, les réunira-t-il avec un an de plus ? En outre, la longue piste risque de perdre un peu de son sens.

Conditions

  • Avoir prononcé son admission pilote (EP)
  • Avoir rencontré régulièrement son Père spirituel
  • Avoir rencontré régulièrement son parrain pilote
  • Avoir discerné et choisi son futur service comme RP
  • Avoir débuté l’acquisition des compétences nécessaires pour ce futur service

Comment ?

Souvent, c’est le parrain pilote, en lien avec le CC et l’ACC, qui décèle le moment favorable où le pilote est à même de parcourir la longue piste. Mais avant de déterminer avec exactitude si le pilote est prêt, le parrain, le Père spirituel et le chef de clan se réunissent avant de proposer au garçon de parcourir sa longue piste. Après l’admission pilote, les CC et ACC ne doivent pas perdre de vue l’objectif de la longue piste et ne doivent pas hésiter à relancer, motiver, soutenir les pilotes dans leur progression individuelle en vue de la LP.

L’entretien

Outre le Père spirituel, le CC, le parrain, il est souhaitable que le chef d’équipe soit présent lors de l’entretien.

Sont alors abordés les points suivants :

  • L’état de préparation personnelle du pilote (parrain)
  • Les progrès spirituels (CR)
  • Les progrès dans le style route, principaux traits de caractère (CC
  • Les progrès dans l’esprit de service, potentiel physique (ACC)
  • Textes bibliques pouvant être proposés, sujets de méditation spirituelle
  • Déterminer deux ou trois sujets de réflexion en rapport avec l’unité de vie, le caractère

Echanges entre les adultes et le pilote afin de bien dégager les axes d’effort, les points forts et les faiblesses du pilote et les dominantes à développer au cours de la LP, tant spirituelles et physiques qu’humaines.
Cet entretien doit déboucher sur une demande écrite du pilote : c’est un acte de volontariat.

La demande écrite

Elle résume bien entendu l’entretien précédent mais doit aussi répondre à un certain nombre de questions très utiles pour la préparation de la LP, afin qu’elle soit adaptée et personnalisée.

Plusieurs points sont abordés dans cette demande.

Point sur la progression :

  • Avant le clan : progression scoute, promesse, qualifications, badges, raider, engagements, souvenirs les plus marquants… parcours chrétien, baptême, communion, confirmation, retraites, JMJ, pèlerinages…
  • Depuis la montée au clan et depuis l’admission pilote : progression
    personnelle, participation aux activités du clan, découvertes
    sur soi-même…
  • Hygiène de vie, sports pratiqués…

Point sur l’engagement :

  • Quel service routier ? Pourquoi ?
  • Comment s’est opéré le choix avec les autres services ?
  • Préparation au service
  • Difficultés

Projets personnels :

  • Vocation personnelle ?
  • Etudes poursuivies ou envisagées
  • Choix d’un métier ? Pourquoi ? Hésitations entre tel et tel… ?

La longue piste :

  • Quels points faibles à tester par rapport aux cinq buts du scoutisme ?
  • Classement par ordre de priorité
  • Problèmes de santé éventuels (cardiaques, respiratoires, accidents…)

Contenu de la LP

C’est une épreuve qui dure entre quarante-huit et soixante-douze heures. Elle s’effectue en solitaire. Elle est préparée et adaptée spécialement pour chaque routier ; il n’y a pas de LP standard et immuable.

Elle comprend :

  • Une marche obligatoirement longue (60 à 90 km)
  • Des moments de méditation et de prière
  • Une réflexion sur l’engagement de service
  • Un service ou une possibilité de service
  • Une mise en pratique concrète des techniques scoutes
  • La rédaction d’un journal de marche (vécu, méditations…)
  • Une prière à rédiger

Qui construit la LP ?

Le montage de la LP est normalement assuré principalement par le CC, à condition qu’il ait les compétences nécessaires acquises normalement au cours d’une route-école 2ème degré.

Bien entendu, il ne fait rien seul et se fait aider et conseiller par le Père spirituel, le parrain.
Il peut bien évidemment demander au RNR de l’aider dans son montage, à défaut, à un membre de l’équipe nationale route. De même, le commissaire de district est toujours associé à ce montage car il est responsable du bon déroulement de la LP ; il a le recul nécessaire pour poser les questions de bon sens

  • Respect des règles pédagogiques cf. route-école
  • Respect des règlements AGSE, Jeunesse et sports
  • ne pas négliger les règles élémentaires de sécurité
  • effort physique mais adapté et non démesuré en tenant compte des problèmes de santé éventuels du pilote

Attention à ce que le montage du parcours tienne compte du relief, des conditions météo prévisibles, de la végétation, des chemins existants et prévoir + 25 à 40 % par rapport au kilométrage calculé sur la carte. Par exemple, en terrain de relief mixte 70 km sur la carte = 90 km sur le terrain et en terrain accidenté 70 km sur la carte = 100 à 120 km sur le terrain.

La construction de la LP par tous ces intervenants doit permettre un examen sérieux des objectifs à atteindre, des moyens pédagogiques pour y parvenir, des procédés que le pilote doit mettre en oeuvre, des exigences de sécurité et prendre en compte les différentes contraintes incontournables.

Cette réunion (ou plusieurs) doit être concrétisée par la rédaction d’un véritable “ordre de marche” qui sera signé par tous ceux qui l’envoient en mission.

Comme pour un dossier de camp, toute longue piste doit être préalablement autorisée par le commissaire de district.

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