

L’heure-route fait partie du rythme de la journée d’un routier. Tu te demandes sans doute en quoi consiste ce temps que nous essayons de vivre, à Vézelay. Une fois Vézelay terminé, tu constateras, ou peut-être en as-tu déjà fait l’expérience, qu’il n’est pas facile de s’arrêter ne serais-ce qu’un moment dans sa journée.
Cette difficulté est réelle quelle que soit ta fonction dans le mouvement, pilote, chef, commissaire ; quel que soit ton état de vie, célibataire, marié ou conseiller religieux… Et pourtant l’heure-route est véritable acte de foi, un moment que tu offres à Dieu pour toi et pour tes frères et l’effort consenti en vaut la peine. Je vais me servir de la prière des Routiers pour en développer quelques aspects.
Qu’est ce que l’heure-route ?
- Un moment pour se laisser illuminer par le Christ ressuscité et se laisser embraser par son Esprit de feu. L’heure-route n’a sans doute pas une durée précise, mais il s’agit d’un temps que tu consacres au Seigneur. C’est un moment de silence, d’intériorité, d’intériorisation,
un moment pour faire un bilan personnel.
- L’heure-route est une pause dans ta journée. « Seigneur Jésus, qui vous offrez à nous comme la route vivante, daignez vous joindre à nous sur le chemin de la vie… » Le Seigneur te rejoint chaque dimanche à la messe. Mais Il veut être ton compagnon de route, chaque jour. Bien plus, il veut que tu le suives sur le chemin du bonheur et de la sainteté,
le chemin de l’amour (Mc 10, 17-22).
Dans ton heure-route, tu demandes à Jésus de te guider. Tu prends le temps de te mettre sous le regard de Jésus, un regard exigeant « Viens et suis-moi », certes, mais un regard rempli
d’amour (Mc 10, 21).
- Ton Heure Route te permet de faire un bilan personnel.
« Comme vous fîtes jadis pour les Routiers d’Emmaüs… » Les routiers d’Emmaüs sont désoeuvrés, au soir de Pâques. Ils quittent Jérusalem… Relis cette rencontre en Lc 24, 13-35. Jésus les rejoint sur la Route. « De quoi parliez-vous en chemin » (Lc 24, 17)
Comment je vis mes journées, telle rencontre ? Quelles questions me posent mes cours, mon travail, mes relations ? Quelles sont mes préoccupations ? Comment je vis telle réussite ou au contraire tel échec (car tu avances « malgré fatigue et contradiction ») ? Où en suis je
dans ma vie (« afin que nous découvrions la voie de votre plus grand service ») ? Qu’est ce que le Seigneur attend de moi ? Comment je vis mon service ?
Certes, tu n’as pas à répondre à toutes ces questions chaque jour, mais elles te permettent de préparer tes rencontres avec ton parrain-pilote et ton père spirituel.
En heure route
Comment vivre l’Heure Route ?
Chacun doit l’adapter à ses besoins, à ses activités, à sa vie. Il n’y a pas de cadre précis. Mais permets-moi de te donner quelques pistes…
- Un cadre : il faut te choisir un cadre, ton coin prière, une chapelle ou une église, la nature… Allume une bougie, place une icône ou un crucifix… celui que tu as réalisé pendant ta longue-piste (en camp, je me sers pour la messe d’un crucifix fait par un routier).
- Tu te mets en présence du Seigneur : tu fais un beau signe de croix, qui proclame ta foi en Dieu. Tu te souviens que par ton baptême, tu appartiens à Dieu, que tu es à son service…
« Donnez-nous part à votre Esprit… » L’Esprit-Saint est plus qu’utile, il est nécessaire ! Tu invoques l’Esprit-Saint (relis une prière de ce livret Vézelay, par exemple…).
Garde quelques instants de silence, pour te mettre en présence du Seigneur qui vit en toi par la grâce, depuis ton baptême et ta confirmation. “Ton Père est là, dans le secret” (Mt 6,6).
- Branche-toi sur le Christ et sur l’Église : tu peux le faire en lisant par exemple la Parole de Dieu contenue dans les textes de la liturgie du jour. À moins que tu ne fasses une lecture suivie d’un livre de la Bible. Choisis-le alors avec ton père spirituel.
Relis ces textes une ou deux fois. Arrête-toi sur tel ou tel verset… et regarde comment tu vis cette Parole de Dieu, qui est un peu comme un message personnel pour toi aujourd’hui. Tu peux aussi méditer ton chapelet, pour t’unir au Seigneur avec le coeur de la Vierge Marie, humble servante du Seigneur, “qui garde toutes ces choses dans son coeur” (Lc 2, 51)…
Tu peux lire un livre spirituel (conseillé par le chef de clan ou ton père spirituel, lecture du Catéchisme de l’Eglise catholique). Attention, l’heure-route ne doit pas être uniquement en temps de lecture ou de culture théologique. Prends un autre temps pour cela ! Il faut que la lecture t’amène plus ou moins rapidement à entamer un dialogue avec le Seigneur, qui vit en toi, car tu es la maison de Dieu.
En heure route
Tu peux réciter la prière des routiers, ou la prière du père de Foucauld, ou l’Angelus, ou le Magnificat, ou la prière scoute, ou la prière des chefs… le chant Notre Dame du Oui ou le chant de la promesse… Choisis une prière pour chaque jour, tu ne seras pas tentée par la routine !
Tu pries ensuite pour tes frères routiers, pour le monde, pour ceux qui te demandent de prier pour toi, pour ceux que tu as rencontrés ou que tu vas rencontrer dans ta journée.
Tu termines par la prière parfaite, la prière que notre Seigneur nous a apprise, le Notre Père…
L’heure-route est une aventure sans doute nouvelle, une aventure exigeante, car tu vas te découvrir, avec tes forces et tes défauts. Rassure-toi, fais confiance au Seigneur, car l’Esprit-Saint vient au secours de notre faiblesse (Rm 8, 26). C’est un moment personnel de rencontre avec le Seigneur. Tu te livres à son Esprit pour découvrir la voie de son plus grand service.
En heure route