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Qu'est ce que Vézelay ?

La basilique de Vézelay

Architecture du sanctuaire :

  • Le statut de l’abbatiale de Vézelay était avant tout celui d’un sanctuaire de pèlerinage. Tout ce qui n’était pas réservé aux moines était destiné au peuple de pélerins, aux vagabonds de l’absolu et des chemins, d’où qu’ils vinssent. Il fallait que cette multitude, où se côtoyaient les princes, les prêtres, les souffrants, les pénitents et les implorants de toute espèce, sur laquelle les réalités spirituelles n’avaient souvent que peu de prise, puissent être saisie par les yeux, l’ouïe et le toucher. En un acte d’une charité infinie, comme le voulait son Maître qui proclamait les Béatitudes aux petits, c’est au peuple des miséreux que s’ouvrait toute grande la basilique abbatiale.
  • La conception des lieux avait été pensée pour répondre à cette nécessité fonctionnelle. Architecturalement parlant, le sanctuaire se compose d’une nef de dix travées, beaucoup plus larges que longues (édifiées entre 20 et 40), flanquée de bas-côtés qui en portent la largeur totale à 23 mètres. Elle est précédée d’un narthex fermé construit aussitôt après (1140 -1150), long de trois travées, puis coupé par un transept peu saillant. Elle se conclut par un choeur gothique très lumineux de deux travées, édifié entre 1185 et 1215, avec déambulatoire, sur lequel s’ouvrent cinq chapelles semi-circulaires.
La basilique
La basilique
  • Pour amplifier la luminosité du choeur gothique, il a été traité avec un calcaire éclatant de blancheur, alors que la nef avait été réalisée en ocre et rose soutenu. A cela s’ajoute l’aternance des des couleurs blanche et ocre des moellons constituant le rouleau intérieur des arcs-doubleaux de la nef. Cela contribue à donner à l’ensemble un aspect féerique, tout en annonçant le mariage entre la nef à dominante rose et le choeur blanc.
  • La magnificence de la perspective qui a ainsi été créée est telle qu’elle absorbe littéralement le regard de celui qui pénètre dans l’édifice par l’allée centrale. Quand on a franchi le premier seuil et que l’on demeure un instant dans la pénombre du narthex, la surprise est toujours prodigieuse. Au delà du second portail s’ouvre un chemin de lumière, rythmé par les arcades latérales jusqu’au choeur ruisselant de clarté, lieu de la rencontre avec Dieu. Sans chauvinisme, on peut dire que peu d’édifices romans dégagent un pareil charme.
Tympan du nartex de la basilique
Tympan du nartex de la basilique

Historique

  • Les origines :
    • 858 : Fondation d’un monastère de moniales par Girart de Roussillon, à l’emplacement actuel de Saint-Père.
    • 873 : Dévastée par les Normands qui remontent la Seine, l’Yonne et la Cure, l’abbaye est transférée sur la colline
    • 882 : Selon certaines sources, un moine nommé Badilon apporte de Saint-Maximin (Provence) à Vézelay des reliques de Marie-Madeleine.
    • 1027 : Premiers conflits entre les abbés de Vézelay et les comtes de Nevers, jaloux de l’indépendance de l’abbaye.
    • 1098 : L’évêque d’Autun, jaloux lui aussi de l’indépendance de l’abbaye de Vézelay, tente de jeter l’interdit sur les pèlerinages ; l’interdit sera levé par le pape Pascal II en 1103 ; mais Vézelay doit alors reconnaître l’autorité spirituelle de Cluny.
  • L’apogée :
    • 1104 : Dédicace du chœur roman construit par l’abbé Artaud.
    • 1120 : Début de la construction de la nef actuelle, de la façade vers le chœur de l’abbé Artaud.
    • 1140 : Achèvement de la nef, sous l’abbatiat de Ponce de Montboissier, qui fait élever en avant de celle-ci le narthex, vers 1145-1150.
    • 1146 : Le jour de Pâques, à la demande du pape Eugène III, Saint Bernard prêche la seconde croisade sur le flanc nord-est de la colline
    • 1190 : Construction du chœur et du transept gothiques, sous l’abbatiat de Girard d’Arcy.
    • 1190 : Richard Cœur de Lion et Philippe-Auguste se retrouvent à Vézelay pour partir en croisade (Troisième croisade).
    • 1244 : Pèlerinage de Saint Louis à Vézelay ; il le renouvellera en 1248, 1267, 1270.
    • 1260 : La tour Saint-Michel et le fronton de la façade sont édifiés.
  • Le déclin :
    • 1279 : La "reconnaissance" des reliques de Marie-Madeleine à Saint-Maximin signe les débuts d’une rapide et profonde décadence des pèlerinages et de l’abbaye de Vézelay.
    • 1537 : Le pape Paul III sécularise l’abbaye : les moines sont remplacés par quinze chanoines séculiers, placés sous l’autorité d’un abbé nommé par le roi.
    • 1569 : Occupation de Vézelay et mise à sac de l’abbaye par les Huguenots.
    • 1760 : À l’abandon, les bâtiments abbatiaux sont partiellement vendus et démolis.
    • 1790 : Le collège de chanoines est supprimé, et l’église, abbatiale puis collégiale, devient paroissiale. Les vestiges restant de l’abbaye sont vendus et rasés.
    • 1793 : Les sculptures extérieures des portails sont martelées.
    • 1819 : Grave incendie dû à la foudre.
Intérieur de la basilique
Intérieur de la basilique
  • Le renouveau :
    • 1840 : Eugène Viollet-le-Duc est chargé de vastes travaux de restauration
    • 1870 et 1876 : De nouvelles reliques de Marie-Madeleine sont données à l’église de Vézelay ; renouveau relatif des pèlerinages.
    • 1920 : Le Saint-Siège accorde à l’église le titre de basilique, reconnaissant par là son caractère insigne au sein de l’Église, de la chrétienté et de l’Histoire.
    • 1945-1953 : Retour des moines avec la venue d’une petite équipe de bénédictins de la Pierre-qui-Vire.
    • 1946 : Une "Croisade de la Paix" rassemble 40 000 pèlerins pour commémorer à la fois le huitième centenaire de la prédication de Bernard et la fin de la seconde guerre mondiale.
    • 1953-1993 : Des franciscains succèdent aux moines de la Pierre-qui-Vire.
    • 1979 : La basilique et le site de Vézelay sont inscrits au sein du patrimoine mondial par l’UNESCO.

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