En Route pour l’Aventure


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Réponses à quelques questions posées par un Clan à l'ENR

Ces questions posées par un Clan, peut-être êtes-vous nombreux à vous les poser ? Voici quelques éléments de réponses qui, nous l’espérons, vous serviront dans votre réflexion.

l’ENR

1/. La Sanctification scoute est elle possible ? Peut-on vivre scoutement toute sa vie ?

Réponse : Le père Jacques SEVIN et plusieurs de nos anciens, dont la cause de béatification est introduite à Rome, répondent sans hésiter : « Oui, avec la grâce de Dieu, c’est possible, nous l’avons fait » (cf Maîtrises n° 154 et 155). Le père Jacques Sevin aimait parler de l’ORDRE SCOUT, pour parler de nos vies ordonnées par la loi scoute. L’âme du Scoutisme catholique est constituée par la Promesses et les dix articles de la Loi scoute (rédigés d’ailleurs par le Père Jacques SEVIN). Ils constituent ce qu’il appelait la cathédrale scoute : «  Le Scoutisme, par la belle ordonnance des dix piliers de sa loi, que couronnent en abside ses trois principes, établit un ordre dans notre cathédrale intérieure. Nous créons cet ordre scout autour de nous ». Et nous créons cet ordre en nous pour la vie, si nous le voulons. Le Scoutisme catholique n’est pas neutre. Il manquerait son but s’il n’apprenait aux enfants et aux jeunes ce qu’est la foi catholique.

N’oublions pas que Les Béatitudes (Matthieu 5, 3-12) constituent la charte de vie que nous donne le Décret de reconnaissance pontifical, en date du 26 août 2003. C’est un sommet que l’on regarde et auquel on aspire.

Entrer en résistance. Le cardinal Jean-Marie Lustiger disait : « Etre chrétien aujourd’hui en France, ne consiste pas à être comme tout le monde. C’est même l’inverse ».

« Celui qui prie a la main sur le gouvernail du monde » (Saint Jean Chrysostome)

« Cherchez le Royaume des Cieux et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît » (Matthieu 6,33)

« N’ayez pas peur : si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ? » (Romains 8, 31)

La joie du devoir accompli et la voix du Seigneur en toi seront ta récompense et ta paix. « Et la voix du Seigneur en toi sera ta récompense » (L’Appel de la Route)

A l’âge routier, on n’impose rien, on propose. Le but est de pousser chacun à poser des choix d’adultes responsables. Les Conseils de Clan se font toujours sous le regard du Seigneur Jésus, le Premier ROUTIER. C’est primordial. S’il n’en est pas ainsi, il n’y a pas de clan.

2/.Qu’est-ce que la spiritualité scoute enseignée par le Père Sevin

Réponse : Il baptise le scoutisme anglican de BP par plusieurs apports essentiels (cf in Maîtrises 154 « Apports Jacques Sevin au Scoutisme catholique ») : Liturgie des engagements + spiritualité chantante + Adoration du Saint-Sacrement + amour du Cœur de Jésus + de Notre-Dame + petite voie de Thérèse de Lisieux.

L’Heure Route : c’est simplement l’oraison, un temps où l’on s’arrête chaque jour pour se mettre en présence de Dieu. Quand on l’a vraiment goûtée, cette habitude reste ancrée pour la vie entière. Elle peut prendre des formes diverses, variables selon les âges de la vie. La constante est que l’on se retire de la cacophonie ambiante pour (ARDOR) Adorer, Regretter, Demander, Offrir, Remercier. Avoir un coin-prière. Le carnet de Route personnel est une aide. Une lecture spirituelle aussi. L’important est la régularité. S’obliger chaque jour.

3/. Mourir pour la France, vieux rêve d’idéaliste frustré ou réalité envisageable à prendre en compte ?

Réponse : Quand nous nous engageons, est-ce d’abord pour nous même ? Ou pour les autres ?

VOTRE VRAIE MISSION : reprendre le flambeau de vos pères, là où ils l’ont laissé. Le flambeau de la vraie tradition catholique française allumé par les pères jésuites partis de ces murs pour le Canada au XVII°siècle, les pères de Brébeuf, Jogues, Druillette, Marquette … Ils partaient pour mourir pour le Christ. Ils savaient qu’ils ne reviendraient pas Afin de porter le Christ aux indiens : « Si le grain tombé en terre ne meurt pas … »

La France fille aînée de l’Eglise ? Songez aux Jésuites qui ont évangélisé l’Amérique du Nord avant la révolution. Songez qu’au XIX° siècle deux missionnaires sur trois sont Français dans le monde ; et encore un sur deux au XX° siècle : les Missions Etrangères de Paris (Saint Théophane Vénard, l’évangélisation de l’Asie) ; les Pères Blancs (Le cardinal Lavigerie, l’évangélisation de l’Afrique) Songez à tous les grands saints que notre pays a donnés à l’Eglise.

Songez à Galliéni, Mangin, Laperrine, Charles de Foucauld, Lyautey… Face au mercantilisme anglo-saxon qui empoisonne notre planète, la France a autre chose à apporter, - qu’elle seule sait et peut apporter - parce que cela correspond à sa Vocation séculaire donnée par Dieu. Prière de Van : «  Amour de Jésus, ayez compassion de la France, daignez l’étreindre en votre Amour et lui en montrer toute la tendresse ; faites que remplie d’amour pour vous elle contribue à Vous faire aimer de toutes les nations de la terre. Ô Amour de Jésus, nous prenons ici l’engagement de Vous rester à jamais fidèles et de travailler d’un cœur ardent à répandre votre règne dans tout l’univers ».

4/.La masturbation, véritable fléau pour notre jeunesse ou simple activité physique ?

Réponse : Saint Paul (Galates 6, 8) : « 

Qui sème dans sa chair récolte la corruption, qui sème dans l’Esprit récolte la vie éternelle

 » Le but de la Route est l’UNITE DE VIE : ne présenter qu’un seul visage, celui du Christ. L’âge route est le temps charnière à la sortie de l’adolescence et à l’entrée dans la vie adulte. C’est le temps de toutes les découvertes et de toutes les tentations. C’est surtout l’âge de l’apprentissage de la liberté, de la responsabilité = transition entre l’adolescence et l’âge adulte. CHOISIR de faire ou ne pas faire une chose, en son âme et conscience, c’est cela la liberté.

La tentation : J’y serai affronté toute ma vie. Les anges aussi l’ont connue et ont fait un choix libre : les bons anges, qui ont choisi le bien, sont devenus des instruments fidèles à la volonté de Dieu. Inversement, l’égocentrisme des démons en a fait des bêtes affamées sans cesse à la recherche d’âmes à dévorer. Choisir d’aller vers Dieu, vers le haut, ou vers le bas, le péché ; moi ou autrui, prendre ou donner ?

L’Unité de vie : C’est un accomplissement, c’est le contraire d’un chrétien à tiroirs. Pour ordonner sa vie, le Routier a un guide : le Christ, qui se décline au quotidien par la loi scoute, les principes et les dix commandements. C’est la seule manière de ne pas avoir une vie ballottée au gré des événements, du vent, des influences, des caprices, des humeurs changeantes… Avec la grâce de Dieu, c’est possible. Saint Paul encore : «  Celui qui tue les désirs de la chair est victorieux. Il connaît a vie et la paix intérieure  » (Romains 8, 13)

5/. Devoir d’état, concept moisi bon pour les cadets du père Doncoeur ou véritable devoir de chrétien et d’Homme ? Réponse : « Comment sanctifier ma vie » ? Pas d’hésitation. Il faut commencer par sanctifier le devoir d’état. Comment ? Plusieurs réponses : La Garde d’Honneur (voir TTR 50 et 51) et la parabole des talents.

Nous avons en chacun de nous le potentiel de devenir des saints ou des pécheurs : personne n’a de destin prédéterminé. La tentation nous aide à nous définir, en dirigeant nos vies vers Dieu, par une étreinte de sa grâce, ou vers le péché, par une étreinte de nous-mêmes. A chaque instant nous devons choisir, entre devenir un saint, ou un criminel. Le meilleur moment pour faire ce choix est le moment présent, ici et maintenant : HIC et NUNC.

6/. Le confort de tous les jours, une normalité, un extra ou une nécessité ? Pourquoi et comment se préparer à Partir ? Le « style Route ».

Réponse : Ouvert aux autres, le Routier marche à pied, profite de ses rencontres sur la route : sourire, bonjour, échange, il rend service. Pour qui l’a expérimenté : c’est un LUXE.

La Route ouvre au sens du beau et d’une exigence de vie. Au clan le Routier se libère du superflu : alcool, tabac et de tout comportement qui puisse gêner ou choquer autrui : bruit, manque de tact, de goût.

Respectueux, prévoyant, apte à aider l’autre, volontaire, humble (il connaît ses faiblesses et ses défauts : il ne joue pas au « commando » pur et dur), témoin du Christ (il prie et s’agenouille au calvaires, dans les églises, devant le tabernacle, il voit dans la nature l’œuvre de Dieu et s’en émerveille

Passionné de vérité, il sait que la vérité rend libre. Il prend soin de démêler les faux-semblants, de distinguer le vrai du faux, le juste de l’injuste : en un mot de discerner (le 11° article de la Loi : « Le scout n’est pas un sot »).

Notre démarche de Routiers-Scouts s’intègre dans la démarche générale de l’humanité en marche vers son Seigneur. Mais nous nous engageons à montrer le chemin aux autres. A l’arrêt, le feu est allumé dès que possible : c’est l’âme du bivouac. Une réserve de bois est constituée, des brindilles mises à l’abri. Le pavillon est monté, sans cérémonie particulière : il montre que c’est un clan chrétien. Le dîner et les sessions se passent autour du feu. On se couche en silence. « Et la voix du Seigneur en toi sera ta récompense »

Exemple : 6h40 : un Routier se lève et allume le feu. 6h50 : lever. Habillés on se rassemble autour du feu pour l’Angélus. 7h10 : tous s’activent pour préparer les sacs, démonter les tentes, préparer le petit-déjeuner, faire leur toilette. L’heure du départ arrive : aux abords du feu, la terre a été remise dans le trou : le dernier vérifie que l’on ne laisse pas de traces du passage du clan. Le bivouac sera parfait si le lendemain personne n’est capable de dire que des routiers ont campé là.

7/. L’engagement routier, mythe d’un cérémonial pêchu ou principe essentiel à une vie droite ? Le Départ Routier est-il une nouvelle promesse ?

Réponse : Le temps au clan est le temps privilégié du discernement des orientations fondamentales de ma vie future. C’est l’heure des choix fondamentaux : au plan personnel, scolaire, professionnel, spirituel : c’est le moment décisif où je choisis de faire tomber les masques, de ne pas jouer un personnage : d’être moi-même, en vérité, sans me cacher

CE QU’IL N’EST PAS : l’entrée dans un club, un brevet, une décoration, un dû… Ce serait vanité.

CE QU’IL EST : l’accomplissement de ma promesse scoute prononcée quelques années plus tôt. Le départ d’une vie offerte, à vivre pleinement avec la grâce de Dieu, dans le service des autres, le témoignage de ma foi, en fils de l’Eglise catholique. C’est une démarche d’humilité. C’est un acte qui m’engage pour la vie. Je devrai être signe d’un style scout accompli.

LE LIEU : devra être symbolique, sur le plan spirituel, architectural, offrir un beau paysage. De préférence à la nuit tombée, aux flambeaux, sur un chemin. A l’issue le nouveau RS part sac au dos pour 12 ou 48 heures méditer l’engagement à durée indéterminée qu’il vient de prendre : « être considéré comme étant toujours de service ».

LES SYMBOLES : le bâton fourchu : signe des choix de route à faire tout au long de sa vie (cf la tentation), la hache : symbole de la volonté qui ouvrira un chemin à travers les difficultés. « Et si la route te manque, fais-la ! »

CONDITIONS POUR ETRE ADMIS : s’être préparé avec un père spi, être accompagné par un parrain, être baptisé et confirmé, avoir une vie conforme à ce que demande l’Eglise, avoir parcouru une Route Saint-Jacques avec un clan.

POURQUOI DES ACCOMPAGNATEURS ? Il s’agit de développer ma capacité de jugement de futur adulte, afin de trouver ma vocation et ma future place dans la société, selon la mesure des talents qui m’ont été donnés par Dieu. A CHACUN CREE UNIQUE CORRESPOND UNE VOCATION UNIQUE. C’est le moment du choix des orientations fondamentales de ma vie. Or, si je suis seul : je suis aveugle, car je fais les questions et les réponses. Pour progresser je dois donc m’entourer de personnes d’expérience, compétentes, stables. Père spi et parrain ont des regards complémentaires : l’un est un laïc engagé dans la cité des hommes, l’autre est l’homme de Dieu. Chacun a son rôle unique et complémentaire.

LE PERE SPI : un prêtre pour m’aider à découvrir le projet de Dieu sur moi et poursuivre ma formation religieuse. Il faut pouvoir tout lui dire, surtout ce que je n’ai pas envie de dire. « Qui fait la vérité (sur sa vie) vient à la Lumière » (Saint Jean).

LE PARRAIN : un accompagnateur, un confident, un soutien, un témoin, sur qui je peux compter (un contempl’actif qui prie et agit), un miroir qui me met en face de moi-même sans faux-semblant : il m’aide à faire la vérité face aux objectifs fixés. Un adulte engagé, ayant une vie conforme à l’enseignement de l’Eglise. Un homme de contact, vrai et authentique, qui va au but, sans démagogie. Ensemble nous fixons les axes de progression avec des résolutions concrètes, sans perdre de vue les objectifs qui sont la longue piste et l’engagement pilote.

Sommes-nous vraiment prêts le jour ou nous nous engageons ? Non, notre Route ne s’arrêtera qu’au Ciel. Chaque Béatitudes (Mt 5, 1-10) est la récompense d’un renoncement. C’est un combat de toute la vie. Les Béatitudes fleurissent sur la mort à moi-même. C’est une échelle à gravir entre la première (celle des cœurs pauvres), et la dernière (la persécution dans le témoignage de ma foi)

8/. La vocation sacerdotale : être prêtre ou fonder un foyer ? J’attends Son appel et je redis « que Ta volonté sois faite ». Comment me mettre concrètement en situation de recevoir cet appel ? Est-ce qu’il faut avoir un profil particulier pour répondre à l’appel de Dieu ?

Réponse : Non, Dieu appelle tout le monde. Il ne rejette personne. Et il n’est jamais trop tard pour répondre : c’est la parabole des talents et celle des ouvriers de la première et de la dernière heure. Il suffit de répondre PRESENT pour Le SERVICE : notre modèle se trouve dans l’Evangile du jeudi saint, lorsque Jésus se met à genoux devant ses disciples pour leur laver les pieds, se mettant dans la position du serviteur, de l’esclave (Jean 13, 1-17 et Marc 10, 42-45).

Pour être serviteur il faut s’oublier et faire passer les autres en premier, rechercher d’abord le bien de l’autre, sans en attendre un intérêt, un avantage : c’est la gratuité du service (prière scoute et BA), l’humilité qui ne cherche pas à se faire valoir.

Par le service vécu, ON EST, on ne paraît pas. C’est le service qui ennoblit, pas le titre : « Le titre n’est rien si le gentilhomme (le routier, le scout, le chrétien, l’officier) ne continue pas à le mériter par les peines et les périls encourus au service de Dieu, du Roy et du plus faible ».

Il y a le service personnel (simple, régulier, continu : servir la messe de l’aumônier le vendredi à l’hôpital)), d’équipe (service de repas pendant l’hiver aux restos du cœur, sortir de jeunes handicapés), de clan (ramasser les feuilles des petites sœurs des Pauvres)

CHAQUE JOUR VIENT A MOI AVEC UN APPEL DE DIEU : VIVRE AU PRESENT !

9/. Le beau est-il essentiel au scoutisme, à notre vie ?

Réponse : C’est un chemin que Dieu (qui est invisible) nous donne pour Le rejoindre. « Le scout voit dans la nature l’œuvre de Dieu » : Je dois louer sans cesse le Seigneur pour sa création, mes frères scouts, pour l’Eglise et ses prêtres, pour la grâce des enfants, des jeunes filles (cf Guy de Larigaudie « Etoile au grand large »), … pour l’épouse, les enfants que Dieu me donnera. Pour le travail de l’homme… Pour le travail que Dieu me confiera. Saint Ignace « Principe et fondement » : « L’homme a été créé pour louer, honorer et servir Dieu… »

10/. Comment redonner du vent dans les voiles du scoutisme ?

Réponse : par un retour authentique à ses sources. Aux vraies sources : la sainteté scoute (elle existe, elle est possible, et plus fréquente qu’on ne croit). C’est tout l’apport du père Jacques Sevin. C’est ce retour aux sources du Scoutisme catholique que Vézelay 2009 désire favoriser avec plusieurs propositions inédites : la vénération des reliques de Sainte Marguerite-Marie avec celles de Marie-Madeleine + la Garde d’Honneur + et la Consécration au Cœur de Jésus. Tout ceci sera proposé, non imposé évidemment.

Une vie au clan construite sur trois piliers : amitié, aventure, service : c’est un LUXE

Le clan, la Route = apprendre ensemble la vie d’amitié avec le Christ, dans toutes mes activités, dans le quotidien de ma vie au clan. Confiance, détente, joie paix, respect mutuel. Si nous ne sommes pas amis au départ (on ne se choisit pas au clan), nous deviendrons bien mieux : «  des frères dans le scoutisme  », parce que nous aurons une confiance totale les uns dans les autres par ce que nous aurons vécu ensemble.

Les activités : privilégier les activités de cohésion : un week-end pêchu vécu ensemble vaut mille réunions de bavardage : ON FAIT ENSEMBLE. L’amitié naît des activités vécues sous le regard de Dieu. Des activités simples : se rendre en bateau sur une île est plus simple qu’aller au Cambodge en convoi humanitaire… Equitation, canoë, escalade/rappel, rafting, parachute, spéléo, ULM, course d’orientation… Tout est possible : à trois condition : sécurité, prix, assurance .

Pour découvrir le « fond » de soi-même et se souder fraternellement, il faut marcher plusieurs jours en clan. Nous devenons un clan fraternel, grâce à la vie partagée.

Une Route d’été devra comporter sur une durée de 10 jours : une journée désert, une veillée d’adoration, une veillée témoignage de foi, un service, la messe quotidienne.

Pour la préparer on réalisera un document commun de référence «  le carnet de route » qui en présentera l’essentiel : itinéraires, étapes, lieux traversés.

Avant ou pendant la veillée témoignage de foi, des Routiers se relaieront en adoration devant le Saint-Sacrement, pour remettre au Seigneur les personnes rencontrées.

Pour le Routier FSE, les symboles de la Route sont Vézelay (point de départ) et Saint-Jacques de Compostelle (point d’arrivée). Le chemin est long, douloureux, à l’image de notre vie quotidienne, mais il nous ramène à l’ESSENTIEL. Les deux Basiliques – celle du départ et celle de l’arrivée - sont l’image de la Jérusalem céleste. Par notre démarche de pèlerin, nous montrons notre volonté de changer notre cœur. Les vaisseaux de pierre nous conduisent vers l’autel. L’essen-Ciel est là. Dans la nef, l’HOSTIE SAINTE nous attend. Il reste à se laisser prendre et captiver, se laisser transformer au Soleil de la PRESENCE : ADORATION et sacrement de réconciliation. Pour repartir avec une âme toute neuve.

Arrivé à Saint-Jacques, après tant de chemin parcouru, ouvert aux autres à l’image de la fourche de son bâton, le Routier comprend que sa Route ne s’arrêtera pas là. Cette arrivée lui ouvre un chemin vers un nouveau départ. Il est désormais Routier-Scout ouvert à tous. Sa Route ne s’arrêtera qu’au Ciel.

11/. La France, pays chrétiens ou ancien champ de bataille d’une déchristianisation massive ?

Réponse : Retroussons nos manches. Notre combat de chaque jour contre nous-même ne s’arrêtera qu’au Ciel : depuis la faute originelle le combat de l’homme est incessant.

12/. Traditions scoutes, Baden Powell était pour, les responsables de la FSE sont plutôt hostiles, qu’en penser ?

Réponses : De quelle tradition parlez-vous ? BP a fondé le Scoutisme. Il n’y a rien d’antérieur donc. Et voici ce que disait BP : « La finalité c’est le caractère, le caractère concentré sur un objectif. Et cet objectif, c’est que la prochaine génération soit saine d’esprit dans un monde de fous, et réalise la plus haute incarnation du service, le service actif de l’Amour et du Devoir envers Dieu et son prochain ». Et encore : « Le Mouvement scout tout entier peut être synthétiquement défini comme une fraternité universelle de service ».

Si vous entendez par « tradition » la totémisation ou celle du foulard de sang il n’y a là rien qui vienne des deux fondateurs. Voilà ce qu’ils écrivaient l’un et l’autre à ce sujet :

«  Estimant que le Scoutisme n’était pas assez romanesque, à l’école du plein air qui caractérise la formation scoute, ils ont superposé le peau-rougisme, jusqu’à prétendre identifier l’un et l’autre. Le « scout-trainig » ne suffisait plus, il leur fallait maintenant le « tribal-training ». Plus de scouts, mais des « braves », plus de badges, mais des initiations, initiation du Membre Souple ou du Pied Rapide, tout un rituel minutieux, compliqué, astreignant, absurde si l’on prétend en faire le pivot d’une formation morale – mais qui est bien autre chose qu’absurde, malsain – car ce qu’il respire, c’est le maçonnisme, le naturalisme, qui aboutit à la théosophie souvent, en tous cas au panthéisme le plus complet  ».

Heureusement, poursuit-il, Sir Baden-Powell a cru devoir protester contre l’abus que l’on faisait de sa parole. Il écrivait ceci : «  Quelques-uns s’imaginent que par « woodcraft », on veut dire qu’il faut se costumer en Peaux-Rouges avec plumes, totems, wampum et autres paraphernaux. Mais ce n’est pas cela du tout. Par « woodcraft » nous entendons simplement la connaissance et la pratique du campisme, la vie dans les bois, l’étude de la nature  ». (In Jacques Sevin « Le Scoutisme », Edition 1999, Presses d’Ile-de-France, collection Fondateurs, chapitre IX, Le Campisme p 117).

Le chapitre se termine par la note suivante sur John Hargrave (totémisé White-Fox), promoteur du red-indianism et auteur de l’ouvrage « Tribal-training » condamné par Baden-Powell : «  Tribal-training devient, à partir du chapitre VIII, un livre qu’un chrétien ne peut approuver. Destructif de tout surnaturel, faux dans ses principes ... Panthéiste, négateur de l’au-delà, de l’utilité de la prière et de la divinité de Jésus-Christ, l’homme qui a écrit ces pages ne peut être un éducateur ... On est heureux de penser que l’auteur a été contraint de se retirer des Scouts anglais et que « Tribal-training » a disparu de leur bibliothèque  ».

Qu’avons-nous besoin de cela nous qui sommes RP, RS, baptisés, confirmés !

13/. Vivre son scoutisme c’est bien mais est-ce vraiment indispensable de le comprendre ? Intérêt des ouvrages sur le scoutisme ?

Réponse : si je ne sais pas d’où je viens, comment savoir où je vais : nous nous inscrivons dans une famille, une lignée, une civilisation. Comment le savoir si je n’étudie pas l’histoire sainte de mon pays, du scoutisme catholique, de ma famille spirituelle ?

14/. La Bible, un bon bouquin à garder à porter de main ou la découverte de la volonté de l’Eternel par sa parole ?

Réponse : Si mon action ne s’appuie pas sur la prière, la parole et la grâce de Dieu elle sera vanité.

Dans les profondeurs de l’homme, là où Dieu habite et où l’homme se transcende, il peut faire promesse de fidélité pour la vie.

Etre un homme, c’est être capable de faire une promesse et d’y être fidèle.

Pour la plupart d’entre nous, la tâche de notre vie consistera à honorer l’engagement que nous avons pris lorsque nous étions jeunes. Demandons chaque jour la grâce nécessaire à notre fidélité.


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